Le Luxe mène grand train
Après avoir marqué l’imaginaire au tournant du XXe siècle, les palaces sur rails sont aujourd’hui synonymes de slow travel. Plus d’un déplacement, il s’agit d’une expérience, où le temps s’étire et se pare d’élégance.
Nouveaux trains, nouvelles destinations, nouveaux décors, c’est le grand come-back des palaces sur rails, nouvel Eldorado d’une industrie du luxe en quête de nouveaux territoires. Prenez le futur Orient Express : dix-sept wagons, deux wagons-restaurants, un wagon-bar, une carte développée par Yannick Alléno, autour des menus inspirés aux saveurs reflétant les régions traversées. « Il me semble qu’une vertaine vision du tourisme arrive à saturation, au-delà de la destination, c’est l’expérience du voyage qu’il est en question de réinventer, assure Maxime d’Angeac, architecte du projet. Aller de Paris à Istanbul, ce n’est pas forcément explorer une seule destination, cela peut être un voyage avec des arrêts, des visites, une façon plus lente et plus luxueuse d’envisager la chose. Tout le contraire d’une idée de la modernité liée à la notion de rapidité propre au XXe siècle. La sensation de confort a, elle aussi, évolué. Hier, les wagons comptaient dix cabines avec une toilette partagée, quand le nouvel agencement proposera trois suites. Aux couchettes d’autrefois se substituent de véritables lits. Avec une configuration jour, un salon confortable transmuté, la nuit venue, en chambre, durant le dîner des clients au wagon-restaurant. Côté style, je m’attache à définir un décor déclinant des références Art déco, sans qu’il soit marqué d’une époque, il s’agit plutôt d’évocations. » Comme le Concorde ou le paquebot France, l’Orient Express évoque à jamais, dans l’inconscient collectif, le meilleur du savoir-faire à la française. Sa renaissance relève pourtant du serpent de mer…